L’histoire de notre méningite…

C’était un jeudi où j’étais en stage à l’hopital pour mon cours de soins infirmiers au collège. Mon copain m’avait appelé durant la journée pour me dire qu’il ne se sentait pas bien et qu’il faisait de la fièvre. En arrivant chez moi, j’étais toujours en forme alors je me suis occupé de mon copain qui prenait un bain froid pour faire diminuer sa fièvre. Son état était stable et nous nous sommes couchés. Vers 22h je me suis réveillée en grelotant. Je faisais 104 F de fièvre. J’ai cru un instant que je m’appropriais inconsciemment les symptômes de mon copain et que tout ça allait passer.
Le lendemain matin nous n’étions pas mieux.

Mais comme tout le monde, on a attendu pour voir si nous allions nous sentir mieux plus tard… ce qui n’était pas le cas. Vers 15h mon copain a commencé à avoir des pétéchis (points mauves) sur la peau, ainsi qu’une raideur au niveau de ses articulations. Il avait de la misère à marcher. De mon côté, je me suis mise à avoir un mal de tête très intense. Nous avons donc jugé que la situation était grave. Mon copain a appelé le 911 pour qu’on nous envoie une ambulance. Arrivé sur place, les ambulanciers ont pris nos signes vitaux et tout était normal. Je me suis mise à vomir devant eux. Ils nous demandaient sans cesse si nous avions pris de la drogue. De plus, l’un deux nous a dit qu’il n’avait pas le droit d’émettre de diagnostic, mais que moi j’avais l’air d’avoir une bonne grippe (disant que la fièvre avait causée mes vomissements) et que mon copain avait un genre de crise d’urticaire.
Pensant que la situation n’était finalement pas si grave, nous avons décidé de ne pas prendre l’ambulance. Mon copain a donc décidé d’aller à la clinique médicale en voiture. Celle-ci ne prenait plus de patients à l’heure où on était. Ma tête me faisait de plus en plus mal et mon copain avait beaucoup de misère à bouger. Nous nous sommes donc rendu à l’urgence à l’hopital. Ensemble nous représentions tous les symptômes d’une méningite à méningocoques (méningococcémie pour mon copain).

Rendu là on m’a mis sur un civière et on m’a passé quelques tests, dont la ponction lombaire et plusieurs ponctions veineuses. Je trouvais ça un peu ironique que la veille s’était moi qui s’occupait des patients dans le cadre de mon stage, et maintenant c’était moi qui était entouré d’infirmières et de médecins, qui portaient tous des blouses et des masques. Je n’avais aucunement conscience du danger dans lequel j’étais. Je me souviens avoir eu de la misère à rester éveillée et à pouvoir répondre à leur questions. On a vite diagnostiqué une méningite à méningocoques pour mon copain et moi. On nous a donné de la pénicilline intraveineuse en très grande quantité.

Il était déjà passé minuit lorsqu’on m’a transferée aux soins intensifs pour me garder sous surveillance, tandis que mon copain a été transféré à une étage quelconque, son état étant plus stable. Le médecin venait voir régulièrement ses chevilles car elles étaient chaudes et il craignait que son état s’aggrave et qu’il ait à amputer ses membres. Après 3 jours nous avons été placé dans la meme chambre et j’ai enfin pu voir ma mère, qui était partie en voyage. C’est la mère de mon copain qui a réussi à la rejoindre pour l’informer de la situation. Elle est donc revenue au Québec le plus vite possible pour me voir. Je dois avouer que la présence d’êtres qui me sont chers a accélérer mon processus de guérison.

Nous avons finalement passé 7 jours à l’hopital. Heureusement, nous n’avons eu aucune séquelle de cette mauvaise aventure, à part une photosensibilité qui a duré quelques semaines, ainsi qu’une fatigue qui a duré plusieurs mois. Je peux sincèrement dire que nous avons été très chanceux dans toute cette histoire. À 19 ans et 21ans pour mon copain, nous avons vu à quel point la vie est si fragile.

Écrit par: Cindy (copine a minic)